vendredi, 25. juillet 2014

VOUS ETES ICI >> Politiques/Stratégies Programme National d'Approvisionnement en Eau Potable et d'Assainissement au Burkina Faso

Programme National d'Approvisionnement en Eau Potable et d'Assainissement au Burkina Faso

aepL’accès à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement adéquats fait partie des axes stratégiques majeurs parmi ceux identifiés pour la réduction de la pauvreté. La communauté internationale dans son ensemble s’est en effet fixé comme objectif, pour la réduction de la pauvreté, d’investir dans les services sociaux de base comprenant la Santé, l’Education, la Nutrition, l’Alimentation en Eau Potable et l’Assainissement.

Au Sommet du Millénaire de septembre 2000 à New York, les dirigeants des pays du monde ont convenu de réduire de moitié, au plus tard en 2015, la proportion de la population qui n'a pas accès, de façon durable, à un approvisionnement en eau potable. Au Sommet Mondial sur le Développement Durable de Johannesburg de septembre 2002, la Communauté Internationale a entériné les objectifs du Millénaire sur l’eau potable et a ajouté l’engagement de réduire de moitié, au plus tard en 2015, la proportion d’individus qui n’ont pas accès à des services adéquats d’assainissement.

Le Programme National d'Approvisionnement en Eau Potable et d'Assainissement (PN-AEPA) constitue l'instrument par lequel le Burkina Faso, conformément à son Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP), vise à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) pour le secteur AEPA.

L'élaboration du PN-AEPA a été menée de mars à septembre 2006 sous l'égide du Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques (MAHRH), à travers sa Direction Générale des Ressources en Eau (DGRE), conformément à la feuille de route adoptée par le Cadre de Concertation entre le MAHRH et les partenaires du secteur Eau et Assainissement (CCP-AEPA). Cette activité a été menée en trois étapes : (i) état des lieux du secteur AEPA, (ii) définition des objectifs et de la stratégie et (iii) élaboration du plan d'investissement. Le processus d'élaboration a été fortement participatif puisqu'à chaque étape, un atelier de restitution et de validation a été organisé au sein du CCP-AEPA.

L’inventaire national réalisé en 2005 a permis d’actualiser celui de 1996 et d’établir ainsi un état des lieux exhaustif sur la situation réelle de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement. Un tel état des lieux, qualifié à dessein d’inventaire « niveau zéro » poursuivait un triple objectif :

  1. Fournir grâce à l’analyse multidimensionnelle des données collectées, des indicateurs pertinents susceptibles de mieux orienter les interventions du gouvernement et des partenaires au développement dans le secteur de l’eau et de l’assainissement
  2. Permettre de réaliser, sur la base de données fiables et actualisées, une étude pour l’élaboration du PN-AEPA à l’horizon 2015
  3. Permettre de disposer d’un ensemble d’informations pertinentes et harmonieusement organisées, destinées à servir de base pour la mise à jour continue et efficiente du Système National d’Information sur l’Eau (SNIEau) en construction.

Un outil SIG-OMD couplé à la base de données a été développé pour le calcul des taux d’accès en AEPA conformément aux Normes, Critères et Indicateurs fournis en annexe. Cet outil servira désormais de base de planification au niveau national, régional et communal.

1. OBJECTIFS

En conformité avec le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) et les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dans le secteur AEPA, le Programme National d'Approvisionnement en Eau Potable et d'Assainissement (PNAEPA) a pour objectif de réduire de moitié d'ici 2015 la proportion de personnes n'ayant pas un accès adéquat à l'eau potable et à l'assainissement en 2005.

2. RESULTATS ATTENDUS

En milieu rural, les résultats attendus du PN-AEPA sont :

  • la fourniture d'un accès adéquat à l'eau potable à 4 millions de personnes, qui fera progresser le taux d'accès à l'eau potable de 60 % en 2005 à 80 % en 2015
  • la fourniture d'un accès adéquat à l'assainissement à 5,7 millions de personnes, qui fera progresser le taux d'accès à l'assainissement de 10 % en 2005 à 54 % en 2015.
En milieu urbain, les résultats attendus du PN-AEPA sont :
  • la fourniture d'un accès adéquat à l'eau potable à 1,8 million de personnes, qui fera progresser le taux d'accès à l'eau potable de 74 % en 2005 à 87 % en 2015
  • la fourniture d'un accès adéquat à l'assainissement à 2,1 millions de personnes, qui fera progresser le taux d'accès à l'assainissement de 14 % en 2005 à 57 % en 2015.
L’adoption de bonnes pratiques d’hygiène à une échelle significative résultera aussi de la mise en oeuvre du PN-AEPA.

3. STRATEGIES

Le PN-AEPA concrétise l'approche programme retenue par le Gouvernement pour l'atteinte des OMD dans le domaine de l'AEPA. C'est le cadre programmatique national pour le développement du secteur AEPA dans les dix prochaines années. Il s'inscrit dans la stratégie nationale de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE).

En milieu rural, le "Cadre Unifié d’Intervention" (CUI) sera le référentiel commun à tous les acteurs et servira notamment de support pour le transfert de compétences vers les communes rurales, en application de la décentralisation.

En milieu urbain, l'Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) conservera la responsabilité de développer le secteur AEPA dans le cadre de son plan de développement 2005-2015, en relation avec les collectivités territoriales.

4. ACTIVITES

4.1. Approvisionnement en Eau Potable et d'Assainissement en milieu rural

Les activités du PN-AEPA en milieu rural comprendront trois composantes :

  • une composante "Infrastructures eau potable" incluant la construction d’environ (i) 17.300 points d'eau modernes (forages et puits équipés de pompe à motricité humaine) dont 6.500 dans les écoles et centres de santé, (ii) 520 réseaux d'adduction d'eau potable simplifiés, (iii) 75 postes d'eau autonomes. Sont également prévus (iv) le remplacement de 4500 pompes à motricité humaine et (v) la réhabilitation de 11.000 superstructures, 900 forages, 1000 puits modernes, 250 réseaux d'adduction d'eau et 75 postes d'eau autonomes
  • une composante "Infrastructures assainissement" incluant la construction de (i) 395.000 latrines familiales, (ii) 60.000 puisards à usage individuel (iii) 12.300 blocs de latrines publiques et (iv) la réhabilitation de 100.000 latrines familiales existantes
  • une composante "Cadre Unifié d'Intervention" regroupant l'ensemble des procédures de mise en oeuvre et mesures de renforcement des capacités pour (i) une gestion efficace du secteur AEPA en milieu rural, (ii) la mise en place d'un environnement favorable au développement soutenu des infrastructures d'eau potable et d'assainissement et (iii) un service d'eau durable.

4.2 Approvisionnement en Eau Potable et d'Assainissement en milieu urbain

Les activités du PN-AEPA en milieu urbain comprendront deux composantes :

  • une composante "Infrastructures eau potable" incluant la construction de (i) 92 forages équipés, (ii) 4 stations de pompage et traitement d'eaux de surface, d’environ (iii) 30 châteaux d'eau, (v) 180.000 branchements particuliers, (iv) 3.000 km d'extensions de réseau, et (vi) 1000 bornes fontaines
  • une composante "Infrastructures assainissement" incluant la réalisation de (i) 222.000 latrines familiales avec puisard, (ii) 900 blocs de latrines publiques dans les établissements scolaires, marchés et gares routières, (iii) le réseau collectif de Bobo Dioulasso et l'extension de celui de Ouagadougou, (iv) 32 plans stratégiques d'assainissement de centres urbains et (v) la promotion de l'assainissement autonome.

5. COUT ET FINANCEMENT

5.1 AEPA en milieu rural

Le coût prévisionnel du PN-AEPA en milieu rural sur la période 2007-2015 est estimé à 406 milliards FCFA HTT y inclus projets et programmes acquis et en cours. Ce montant se répartit comme suit :

- Infrastructures d'eau potable 280,3 milliards FCFA

- Infrastructures d'assainissement 64,4 milliards FCFA

- Cadre unifié d’intervention 24,3 milliards FCFA - Imprévus et divers 36,9 milliards FCFA

Pour la période 2007-2009, les besoins en financement du PN-AEPA pour le milieu rural s’élèvent à 120,6 milliards FCFA se décomposant comme suit : 56,4 milliards FCFA correspondant au financement acquis au titre des projets et programmes en cours et 64,2 milliards FCFA correspondant au besoin net de financement.

5.2 AEPA en milieu urbain

Le coût prévisionnel du PN-AEPA en milieu urbain sur la période 2007-2015 s'élève à 137,8 milliards FCFA HTT y inclus projets et programmes acquis et en cours. Ce montant se répartit comme suit :

• Infrastructures d'eau potable 86,9 milliards FCFA

financement acquis au titre des programmes en cours : 11,8 milliards FCFA

besoin net de financement : 75,1 milliards FCFA

• Infrastructures d'assainissement 50,9 milliards FCFA

financement acquis au titre des programmes en cours : 17,8 milliards FCFA

besoin net de financement : 33,1 milliards FCFA

Les besoins nets en financement du PN-AEPA pour le milieu urbain pour la période 2007-2015 s’élèvent donc à 108,2 milliards FCFA.

6. CADRE INSTITUTIONNEL ET OUTILS DE MISE EN OEUVRE

Pour réussir l’ensemble des missions du PN-AEPA, il est nécessaire d’établir :

  • un montage institutionnel
  • des modes de financement appropriés, notamment le principe d’un panier commun dans le cadre d’une approche budget programme
  • des procédures de mise en oeuvre
  • des mécanismes de suivi évaluation.
Pour le montage institutionnel, l’option retenue consiste à s’appuyer sur les structures existantes et à les renforcer, en vue d’une part, d’assurer l’appropriation du programme par les services de l’Etat dans le cadre de leurs missions régaliennes, et d’autre part, d’affirmer les rôles respectifs des collectivités territoriales, du secteur privé et de la société civile.

7. IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIO-ECONOMIQUES

Les impacts environnementaux et socio-économiques résultant de la mise en oeuvre du PN-AEPA sont largement positifs en ce sens qu’ils contribuent aux efforts du Gouvernement pour l’atteinte des OMD notamment :

  • L’accroissement sensible des taux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement adéquat tant en milieu rural qu’urbain, et l’adoption par les populations de pratiques d’hygiène appropriées contribueront à l’éradication de la maladie du ver de guinée, ainsi qu’à une baisse sensible de la prévalence de la malnutrition et des maladies d’origine hydrique, comme les diarrhées qui constituent des facteurs favorisant grandement la mortalité des enfants de moins de 5 ans voire celle de la mortalité maternelle. D’où une contribution du programme à l’atteinte des OMD 4, 5 et dans une certaine mesure de l’OMD 6
  • La diminution de la prévalence des maladies d’origine hydrique contribuera à une baisse des dépenses en soins de santé
  • La création d’au moins 24 000 emplois en milieu rural et semi urbain auxquels s’ajoutent ceux créés dans le cadre du développement des centres ONEA ainsi que l’augmentation des capacités économiques et financières des entreprises et des bureaux d’études constitueront des facteurs de réduction de l’extrême pauvreté (OMD 1)
  • Les activités génératrices de revenus qu’entreprendront les femmes suite au gain sur le temps d’approvisionnement en eau, permettront une plus grande autonomie de ces dernières ; les tâches domestiques ainsi allégées, les mères seront en outre plus enclines à permettre à leurs filles d’aller à l’école et de poursuivre leurs études, contribuant ainsi à l’atteinte de la parité dans la scolarisation des filles et des garçons (OMD 3)
  • L’amélioration de l’environnement et du cadre de vie dans les écoles par un accès permanent à l’eau potable (5400 écoles) et à des ouvrages d’assainissement (6200 écoles) respectant les normes de qualité et d’intimité pour tous les enfants constitue un facteur incitatif pour l’accroissement des taux de fréquentation et le maintien des enfants dans les écoles (OMD 2)
  • L’accroissement de l’accès à des moyens adéquats de gestion des eaux usées et des excréta conduira à une réduction de la pollution des sols et des milieux récepteurs (OMD 7).

Pour limiter les rares impacts négatifs potentiels du programme, les mesures d’atténuation devront être développées selon les axes suivants :

  • prévention des conflits fonciers liés au développement des infrastructures et aux dispositifs de protection de la ressource
  • prévention de la pollution des nappes à partir des forages et puits non étanches
  • prévention des maladies, notamment le risque de propagation des IST
  • prévention d’éventuelles contaminations des nappes à partir des latrines.
La mise en oeuvre de ces mesures d’atténuation nécessitera, dans le cadre du programme, la mise en place d’un mécanisme de suivi environnemental et social au niveau national, déconcentré et décentralisé.